À l'aube d'un jour nouveau...

Compte-rendu du voyage du 14 au 20 septembre 2005.

Par Yves Jalabert
Photos de l'auteur, sauf autre indication portée sur la photo.

(pour voir les endroits dont je parle, cliquer sur les mots en gras)






Alger se réveille
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   Heureux qui comme un Algérois retrouve son passé, sa ville, son quartier, son école, sa maison, des amis.

   Pour faire court, je pourrais vous dire, relisez mon compte rendu du voyage de mai, bis repetita.

   Mais, même si les voyages se suivent et se ressemblent, il y a toujours une foule de détails qui font la différence, et je vais essayer de vous raconter tout ça.

   Il est difficile, par écrit, avec des mots simples, de vous raconter ce que chacun a ressenti, a vécu, de vous faire partager la chaleur humaine, l'accueil, la gentillesse, l'hospitalité, la générosité sans arrière pensée, sans rien attendre en retour, sauf l'amitié et bien sûr, le respect, c'est tout simplement incroyable et irracontable, il faut vraiment le vivre pour le croire. Quelle leçon d'humilité et de modestie à chaque voyage.

   Nous étions 26, avec moi, nous avons logé en centre ville, entre la Grande poste et le Forum, Avenue Pasteur, à l'hôtel Albert 1er, une situation exceptionnelle.

Autre photo prise depuis l'Albert 1er par Sylvette Leblanc

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   Des chambres modestes, propres, salle de bain ou salle d'eau dans chaque chambre et une vue splendide depuis les balcons. Une restauration de bonne qualité, du personnel compétent et sympathique. Le groupe était composé d'Algérois, du centre ville, du Hamma, de Belcourt, du Plateau Saulière, de Diar El Maçoul, de Fort de l'Eau. Le centre est bien entretenu, presque tous les immeubles sont repeints en blanc, les balcons et les volets en bleu (voir photos).

   Chacun a pu vaquer à sa guise, à pied ou en voiture, retrouver les traces de ce passé enfoui dans les mémoires depuis plus de 40 ans, passé qui resurgit à chaque angle de rue. Revoir son école, être reçu, à l'improviste, dans son ancien appartement, marcher, par exemple, sur les trottoirs de cette promenade si chère rue Michelet - rue d'Isly, passer devant les cinémas... le Rex (qui n'est plus un ciné depuis quelques décennies), l'ABC, le Versailles, le Paris, le Français qui est devenu la cinémathèque Algérienne, le Debussy, le Hollywood et l'Empire qui sont en travaux. Je vous signale au passage que l'Empire n'avait pas d'habitation au-dessus. Ou se rendre rue Meissonnier, chez le marchand de beignets pour savourer makroud, zlabia et gabelouz ou avaler tout chaud ces fameuses tartes à l'huile.

   Une gourmande, certainement en manque (après 45 ans, ça peut se comprendre...), a mangé 6 beignets d'affilée, et une autre rêvait depuis longtemps de déguster un zlabia, ce fut fait. Tout le passé devient présent et le soir "à la veillée", autour d'un verre de Selecto, les discussions vont bon train. Je vous laisse imaginer, ce que peut donner une bande de jeunes sexagénaires surexcités racontant les histoires du passé, accolées aux "aventures" de la journée écoulée, éclats de rire garantis, quelle ambiance, quelle ambiance !

   Pour ma part, armé de mon numérique, je suis passé partout, j'ai fouiné, j'ai arpenté les rues et les ruelles, photographiant tout, les moindres détails et les vestiges de ce passé qui se transformera ou disparaîtra un jour, pour constituer une mémoire photographique, appelons ça pompeusement une photothèque, je n'est pas encore tout vu et encore fait tout ce que je voulais, la prochaine fois, c'est ce que je me dis à chaque retour. Je ne me souvenais plus qu'Alger comptait autant d'escaliers. En levant le nez j'ai découvert des façades d'immeubles aux architectures Haussmaniennes avec de magnifiques balcons en fer forgé, des immeubles modernes côtoyant les plus modestes, des villas mauresques qu'il faut savoir découvrir, dont j'ignorais l'existence, nichées dans la verdure.

   Pour admirer le panorama de la baie d'Alger, je suis monté : au 9ème étage de l'Aérohabitat ; sur la terrasse de l'hôtel El Aurassi aux Tagarins ; dans un jardin à la Bouzareah ; au Village Céleste au-dessus de Notre Dame d'Afrique... J'ai arpenté les allées du Parc du Mont-Riant, je suis rentré aux Groupes laïques et dans l'enceinte de la piscine olympique où j'ai appris à nager (je veux dire "dans le temps" !).

   J'ai accompagné une femme, née en 64, qui avait tellement entendu parler de l'Algérie par ses parents qu'elle rêvait depuis des années de découvrir ce pays, elle n'a pas été déçue de son voyage, elle a retrouvé, entre autres découvertes, l'épicerie de ses grands parent à Menerville, ville qui, entre parenthèse, a beaucoup souffert du dernier tremblement de terre. Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtés à Aïn Taya pour dire bonjour à Hélène Porteillas, nous avons poursuivi jusqu'à Fort de l'eau, arrêt brochettes obligatoire ! Puis nous sommes revenus sur Alger. Je suis allé rendre visite à un Monsieur, un ami, dans sa boutique en face de la gare de l'Agha. Il détient la plus grande collection de cartes postales d'Algérie (400 000), chacun trouve son bonheur dans ses multiples classeurs, il a aussi des billets de banque et des timbres de toutes les époques, si un jour vous allez à Alger, rendez lui visite (adresse sur demande) c'est une véritable encyclopédie, vous ne serez pas déçu, l'accueil chaleureux en plus.

   Nous avons été reçus au Jardin d'Essai, qui est en pleins travaux de restauration, les responsables chargés des travaux, qui avec courage et opiniâtreté ont sauvé ce jardin, nous demandent de rassembler le maximum de souvenirs pour redonner à ce jardin, qui a failli disparaître pour laisser place à des immeubles et une autoroute, son allure d'antan, merci d'avance pour cette collaboration. Sur la route qui nous conduit sur la côte ouest, nous nous nous sommes arrêtés à Guyotville, puis au Tombeau Royal Maurétanien, anciennement Tombeau de la Chrétienne, ne soyez pas choqué par cette nouvelle dénomination, ce tombeau est antérieur de 2 siècles à la naissance du Christ, puis à Tipaza, repas de poissons au menu, visites du musée et du site antique, toujours aussi agréable à parcourir, poursuite par la corniche du Chenoua, jusqu'à Cherchell, visite du musée.

   Partout, à chaque arrêt, les Algériens, jeunes et vieux, viennent spontanément à nous pour nous demander d'ou l'on vient, où habitions nous, si nous connaissons Mr. X ou la famille Y, qu'ils seraient heureux d'avoir de leurs nouvelles, si nous sommes satisfaits de revoir Notre pays, "soyez les bienvenus" sort de chaque bouche, et chacun de raconter ses souvenirs, et de l'époque passée avec les Français, ils ont tous une mémoire extraordinaire. Au moment du départ, c'est la déception, "vous partez déjà ? Quand est ce que vous revenez ?"

   Une petite anecdote parmi d'autres : en discussion avec un commerçant de l'Avenue Claude Debussy, une dame qui se trouvait là m'aborde et me demande si je suis de Marengo (Adjout), "non, je suis du quartier, pourquoi ?" Et elle m'explique que la cousine de son père vit dans une maison qui a appartenu à des Français, et que tout le mobilier est entreposé dans la cave dans l'attente qu'ils viennent le chercher !!!! Que les anciens de Marengo se manifestent...

   Avec de la diplomatie et de la courtoisie, toutes les portes vous seront ouvertes, les écoles, les cinémas, les appartements, les cimetières, même si certains sont totalement délabrés, il y a toujours un gardien pour vous accueillir et vous renseigner. Dans les mairies, les registres d'état civil sont parfaitement accessibles, nous avons pu consulter et avoir des photocopies d'actes de décès et de mariages à la mairie de Fort-de-l'Eau (Borj El Kiffan) ou nous avons été reçus, agréablement, par le responsable du service, sans rendez-vous.

   Même les portes du chantier du métro d'Alger, que j'ai eu le privilège de visiter avec les frères Blanco (les Blanco's Boys pour les amis) ! Nous avons foulé, en avant première, les quais de la station Grande Poste/Tafourah, nous sommes descendus à 30 mètres de profondeur, à 2 mètres sous le niveau de la mer, à ce niveau passera la ligne n° 2 qui passe sous la ligne n° 1 qui, elle, est à 18 mètres de profondeur. Mise en service de la première ligne qui reliera Bab el Oued au Hamma, en 2008.

   L'Algérie est en chantier, les travaux sont en cours, outre le métro, l'aéroport s'agrandit et se modernise, le groupe Accor construit des hôtels un peu partout, des milliers de logements sont en chantier, le stade Marcel Cerdan est en reconstruction et les projets ne manquent pas : route transsaharienne Alger/Tamanrasset, reconstruction totale de Belcourt, hydroglisseurs pour le transport de passagers entre Zeralda et Fort de l'Eau avec 7 gares maritimes sur le parcours. Que ceux qui veulent voir l'Algérie de leur jeunesse se dépêchent, aujourd'hui, Fort de l'Eau c'est déjà la banlieue d'Alger.

   Il fut une époque, au cours des voyages, dans les années 80, je traduisais le sentiment général, par la phrase suivante : "Heureux d'être venu, content d'en repartir"...

   Aujourd'hui il se dégage le sentiment suivant : "Heureux de faire ce voyage, maintenant je sais que je peux revenir, et je reviendrai", quelle évolution !

   Autres sentiments et réflexions : "je suis guéri", "je suis apaisé", "je suis réconcilié avec mon passé"...

   Voilà, il a fait très beau et chaud, + 25° tous les jours, ce fut un séjour formidable, avec des gens formidables, dans une ambiance chaleureuse, j'ai encore appris, j'ai encore été ému, merci à vous de m'avoir fait partager ces moments inoubliables. À bientôt, pour un autre retour sur notre sol natal.

Yves Jalabert, septembre 2005

"Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité"

Antoine de Saint-Exupéry


...demain sera un autre jour, et il fera beau.

Alger s'endort


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Pour agrandir les photos... On clique dessus !



Yves et Bab-El-Oued...




Le joyeux groupe à Tipasa.







Bientôt, vous trouverez en cliquant ci-dessous les dizaines de photos prises par Yves lors de ce voyage, regroupées par thèmes ; chaque mise en ligne nouvelle sera annoncée sur le Livre d'Or et en page d'accueil.



Thèmes déjà en ligne :



- Rue Sadi-Carnot

- Architectures glorieuses

- L'EGA, 39 rue Denfert-Rochereau

- Ecole Lutaud

- Le Parc du Mont-Riant
(dit aussi "Parc Saint-Saëns",
ou "du Telemly")






À venir :



- Panoramas

- Des lieux si familiers...

- Coins de très bonnes choses

- Avenue Pasteur

- Bil-dings !

- Palmiers d'Alger

- Rue Hoche

- Bd Saint-Saëns

- Telemly

- Traces...