LA GAZETTE DU TEMPS QU'ON ÉTAIT LÀ-BAS


KÉMIAS XVI ? MAIS C'EST DES KÉMIAS
À VOUS FAIRE PERDRE LA TÊTE, ÇA, MADAME !


(AVRIL 2007)






À QUOI JOUIONS-NOUS ?


1954
LE YOYO, ÇA S'EN VA ET ÇA REVIENT !




Ces deux jeunes gens, assis sur la rambarde d'un arrêt de bus, se livrent au dernier jeu censé faire fureur : le YoYo. "Après une longue éclipse", nous assure le journal... On veut bien le croire ! La dernière grande vogue du yoyo remonte aux années 20. Avec un p'tit revenez-y à l'époque des zazous... Mais le Yoyo ne va pas avoir le temps de taper l'incruste bien longtemps... Deux nouvelles manies de masse à la fin des années 50 vont le renvoyer au grenier des tocades éphémères : le Hulla-Hop et le Scoubidou !


RECETTE DE REMONTANT

Si vous avez des hauts et des bas (on n'est pas forcément toujours au top), et si vous allez faire un tour au Saint-Georges ou à l'Aletti, ne manquez pas de vous faire préparer un "Yoyo" par le barman (ou Charlie au trou des facs ? C'est vous qui voyez, mais un ingrédient important de la recette c'est le soleil, alors... Charlie dans son antre souterraine, c'est pas le plus indiqué). C'est un cocktail. Et, comme de juste, son nom ne ment pas, un sacré... remontant. Il faut simplement 2 litres de cognac, 1 litre d'excellent vin rouge, et 30 grammes de gingembre frais. Non, vous n'allez pas boire tout ça à vous tout seul. L'effet serait le même que d'engloutir un wagon de Viagra d'un seul coup !

Voici la recette  que vous passerez discrètement au barman : pendant un jour et une nuit, laisser macérer à l'air libre les 30g de Gingembre râpée dans les 2L de cognac. Ajouter le litre de vin rouge. Placer le tout dans un récipient en verre. Exposer au soleil pendant huit jours, filtrer et servir frappé au shaker sur des glaçons. Effet garanti.



Et puisqu'on est dans le yoyo, qu'après le boire vient le manger, et que des Es'mmaïens se sont manifestés cette année écoulée pour demander des recettes "pieds noirs" (comme s'il n'y en avait pas suffisamment sur plein d'autres sites spécialisés !), une fois n'est pas coutume, nous vous proposons ci-dessous la recette d'une pâtisserie orientale, mais pas de chez nous, de chez nos voisins tunisiens : les yoyos.

Nous ne l'avons pas encore essayée, mais de toutes celles que nous avons trouvées, c'est celle qui nous a semblé la plus sérieuse, la plus complète. On corrigera en fonction des premières expériences.



Les Ingrédients:

3 oeufs entiers - 3 cuil. à soupe de sucre - 3 cuil. à soupe d'huile (pas d'olive) 1 pincée de sel - 2 sachets de sucre vanille ou une cuil. à café de vanille en poudre - 2 sachets de levure chimique, ou autant fraîche - 2 pincées de crème de tartre (à la pharmacie) - Farine pour amalgamer le tout - Huile pour friture.

La Pâte:

Mélanger dans un grand bol - ou le food precessor - tous les ingrédients sauf la farine, dans l'ordre suivant. Battre les oeufs et le sucre, ajouter l'huile, battre, puis mettre le reste. Si la levure est fraîche, la diluer dans un peu d'eau tiède. Verser la farine peu à peu 300 à 350 grammes environ, suivant la grosseur des oeufs et de la levure, jusqu'à l'obtention d'une pâte qui a la consistance d'une pâte à modeler. Laisser reposer 45 minutes. Suivant les goûts, on peut ajouter zestes de citron et d'orange.

Avec un rouleau à patisserie étendre la pâte a un demi-centimètre d'épaisseur. Avec un emporte-pièce ayant un trou au milieu, couper des ronds, sur toute la surface de la pâte. Réutiliser les ronds du milieu et les déchets des côtés. Si vous n'avez pas d'emporte-pièce, vous pouvez utiliser un verre de 4 a 5 cm. de diamètre et un bouchon d'eau ou de l'huile Laughing.

La Friture:

Chauffer l'huile à feu moyen, frire les yoyos par 4, 5 ou 6, suivant la grandeur de votre bassine ou de votre casserole. Ils gonfleront et ne doivent pas se coller les uns aux autres. Lorsqu'ils sont bien dorés, les retirer à l'écumoire, les poser dans une passoire à pieds.

Sirop de sucre:

Dans une casserole mettre un kilo de sucre, une épluchure entière de citron et une d'orange, une pincée de vanille en poudre ou quelques gouttes d'extrait, recouvrir à ras d'eau. Mettre sur le feu à feu moyen, dès que ça bout, presser le jus d'un citron, baisser le feu et laisser cuire une bonne demi-heure jusqu'au test de la perle. Pour cela, tremper une cuillère dans le sirop, l'incliner au-dessus de la casserole. Le sirop doit napper la cuillère, s'écouler, mais la dernière goutte doit y demeurer accrochée. Éteindre, enlever les écorces et les réserver pour parfumer ou garnir un gateau.

Passage au sirop de sucre:

Préparer le sirop à l'avance comme ci-dessus. Le faire bouillir et y plonger les yoyos juste après la friture. Les superposer dans le plat de service. Oilà...






AU PARC LAPERLIER

DES ÉCOLIERS À TRAVERS LES ÂGES


Deux de nos visiteurs se reconnaîtront-ils dans ces deux charmants petits écoliers déguisés et montés sur cette scène improvisée à quatre pieds ? Leur maîtresse a choisi, nous dit l'article, le thème de "l'écolier à travers les âges". Ces deux-là sont en plein moyen-âge, et le troubadour est bien mignon avec son luth, et la princesse avec son henin. À notre époque, qui était à peu-près la leur, la remontée du temps par des écoliers (ou par de jeunes héros, comme le petit ours Philbée, auxquels nous nous identifiions), était un voyage auquel nous conviaient régulièrement les réclames.







Écriviez-vous sur des cahiers "Le Calligraphe"
ou sur des cahiers "Héraklès" ?



Dans un cas comme dans l'autre, peut-être avez-vous, dans les années 50, collectionné cette série de buvards où il s'agissait de démontrer que les élèves de tous les temps auraient préféré écrire sur un cahier "Heraklès" (avec des erreurs historiques terribles, je vous dis pas la calbote que ce p'tit Celticon il aurait prise s'il avait tagué un menhir ! Et aussi la faute d'orthographe qui revient à chaque buvard et que je vous laisse trouver). Es'mma vous les présente tous, avec en prime la couverture d'un cahier de la marque à l'archer. Quels petits gâtés vous faites !

SANS CLIQUER, PASSEZ VOTRE SOURIS SUR LES DESTINATIONS !
CHOISISSEZ VOTRE ÉPOQUE !




ÂGE DE PIERRE    ASSYRIE    EGYPTE    ROME    CHARLEMAGNE    FAR-WEST   




FÊTES DE CHEZ NOUS

DES SAPINS BRANCHÉS !



SERER (NICE - Alger/ le Ruisseau - 1940)

17/01/2007 20:08

Tiens le Ruisseau se réveille, je croyais être le seul à apporter une (trés modeste ) contribution au site, qui, il est vrai, ne concernait tout au début qu'Alger centre, merci de nous accepter. Jean Jean de Belcourt en connaît bien plus que certain sur notre quartier, un champion. Tiens je vais vous faire participer à un souvenir que je relatais récemment à mes petits enfants. Lorsque j'étais petit (ouilllllle il y a longtemps) les arbres de Noël ne se vendaient pas dans les commerces et il fallait se débrouiller. Aussi avec mon frère et mon père de nuit nous montions dans la montagne (petite colline au dessus du stade municipal où j'habitais), et à la lampe torche on s'enfonçait dans le bois pour scier une branche de pin. J'étais mort de trouille et je faisais la "mata" pour voir si le garde champêtre ne rappliquait pas. Puis c'était la descente vers le domicile. Mais après quelle joie, une branche rabougrie devenait le plus bel arbre de Noël du monde, et l'odeur du pin dans la maison, je la sens encore... Bonsoir à tous. Jean Claude

RÉPONSE: mais bon sang bien sûr! Ça vaut le coup que le Ruisseau il se réveille ! Jean-Claude, vous me faites revenir le souvenir de nos sapins ! Mais oui, chez nous aussi, c'était des grandes branches de pin ! Dans mon souvenir, il n'y avait pas d'arbres de Noël, enfin, je veux dire, pas de souvenir visuel, je "savais" qu'on faisait des arbres de Noël à la maison, des grands même, je me souviens des babioles qu'on y accrochait, des guirlandes, mais je n'arrivais pas à "voir" l'ensemble. Voilà pourquoi ! Parce qu'ils ne ressemblaient pas à des "vrais" sapins ! Et pour cause, c'en étaient pas ! Merci Jean-Claude d'avoir ressucité ce souvenir !





ES'MMA JiBé

18/01/2007 16:40

L'arbre de Noël piraté des Serer, on s'y croirait. Pour le dessin, on n'a gardé que les deux frères, en pensant que le papa était encore dans le bois à couper un autre rameau de pin pour la grand-mère...














2 envois
de notre criminologue
de CHOC
(dit "le CHOC des photos")


FRIPOUILLERIES, ANNÉE 1951

6 MARS 1951, 9 RUE CLAUZEL
LES FLEURS DU MAL


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   "L'année 1951 a été riche en faits divers crapuleux en tous genres. J'ai choisi ces deux-là dans deux styles bien différents. Le premier, c'est Grand-Guignol à votre porte. "Le fleuriste sanglant", c'est accrocheur, ça plaît toujours. C'est le voisin anodin (pensez, un fleuriste, c'est pas comme un boucher !) qui ferait pas de mal à une mouche... Et pourtant, la mort rôde. Et le voilà qui confirme les pires craintes qu'on n'ose pas s'avouer. L'horreur parmi les fleurs ! Il se met à... Mais je ne vais pas vous raconter ce fait divers abject (si si). Cliquez pour lire sans difficulté les détails croustillants (surtout les petits os !). Âmes sensibles s'abstenir (de cliquer).

   Le second de ces faits divers, il est ici pour vous faire sourire, avec l'histoire de ce Suisse, qui s'évade nu comme un ver de notre hôpital de Mustapha. Mais que fait la police ? Comme ce Fivaz est un escroc patenté, elle aurait dû se méfier, et se douter qu'il tenterait cette belle à poil, car ne savait-elle pas ce qu'il advient quand l'Helvète ment ?"

Monsieur CHOC.

P.S. : à noter, si l'on en croit cet autre article en date du 16 mars 1950, que l'Hôpital de Mustapha n'était rien d'autre que le sas de sortie des petits malins qui arrivaient à bien simuler une urgence. Mais, comme le dit l'article, "tôt ou tard les criminels payent leur forfait", et patience et longueur de temps faisant plus que force ni que rage, et chaussettes à clous et indics étant partout, Momo a été retrouvé, et repris. Je n'ai pas jeté un coup d'oeil sur la liste des guillotinés en Algérie, mais je me fais beaucoup de souci pour lui... Qu'en sera t-il de Charles Fivaz ? Bien post-scriptumement vôtre, Mr CHOC.





HÔPITAL DE MUSTAPHA, 1er OCTOBRE 1951

LA BELLE À POIL

  
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MESSAGE DE DERNIÈRE MINUTE

"Sans vouloir être moralisateur et prêchi-prêcha (encore que j'adore ça), je vous confirme que le crime ne paie pas ! Dans les Kémias XVII, je vous raconterai comment, plusieurs années plus tard, on reparla de FIVAZ et comment il finit pas devoir payer ses dettes à la société. Alors, rendez-vous dans très bientôt."
Bien criminologiquement vôtre, Mr CHOC."






EL-BIAR, LUNDI 1ER NOVEMBRE 1954

IL COURT, IL COURT, LE LÉVRIER !

   Eh oui, cette date du 1er novembre 1954 restera à jamais gravée dans nos mémoires comme celle de l'ouverture du cynodrome d'El-Biar ! (ici, j'en connais qui vont démarrer :o) au quart de tour). Depuis de nombreuses semaines déjà, nombreux étaient les lévriers qui débarquaient de France par pleins avions. Ces canidés étant fragiles, on déplora même un pourcentage non négligeable de pertes constatées à l'arrivée. Qu'à celà ne tienne, on en fit venir d'autres, et certains Algérois commençaient déjà d'envisager leur élevage sur place. Les quotidiens se faisaient régulièrement les échos de ce pont aérien canin, et ceci contribuait à faire monter la tension en vue du jour C (comme Courses, Chiens, Clebs, Canin et Cynodrome réunis).

Dans l'Écho d'Alger du 16 octobre 1959 ...


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   Il faut absolument que pour le reste des temps, les générations futures conservent le nom du vainqueur, arrivé en tête de la première course de chiens jamais organisée dans le village de mes vieilles dames, ici, à El-Biar : il s'agissait de "Black Boss", arrivé premier de la première des 10 courses qui se succédèrent ce jour-là. Ainsi qu'il est indiqué dans l'article, ce circuit se trouvait au stade d'El-Biar. Les courses de chiens avaient lieu les vendredi, samedi et lundi. Quelqu'un pourra-t-il nous expliquer ce que signifient les indications cabalistiques qui dans les palmarès suivent les noms des chiens ? On notera enfin que ça ne chômait pas, puisqu'étrenné le 1er novembre (il sera officiellement inauguré quelques jours plus tard), le cynodrome en était déjà le 5 novembre (de la même année 54) à son 6ème meeting ! Jamais j'aurais pensé que dans notre ville, on trouverait autant de gens passionnés par le spectacle de chiens courant après un lapin pour de faux ! (1)

   Par la suite, des lévriers coururent ici régulièrement, pour la plus grande joie des amateurs de ce genre de spectacle. Sans mise à mort, notons-le bien. Même pas celle du lapin qui tourne pour stimuler les chiens et qui n'est - je vous le confirme - qu'un habile leurre !














(1) Faut dire que le respect dû à la gent canine était plutôt malmené
dans les bandes dessinées de notre enfance, ainsi que le rappellent ces 5 cases,
toutes extraites d'un seul et même album, "Les Mystères de Midway",
la 2ème aventure de Buck-Danny (publiée en 1947 dans Spirou).
Mais il faut noter que ce sont les "méchants", les jaunes, qui traitent les "bons" de chiens.
Les "bons" eux, en retour les appellent "faces de citron" ou "faces de lune".
Comme, sauf mentalité particulièrement dépravée et masochiste,
nous nous identifiions aux bons, nous étions, donc, dans le camp des "chiens".
Ce qui devait nous rendre plutôt cynophiles
(le cynophile de base, rappelons-le, fréquente les cyno-clubs
et ne se lasse pas de voir et revoir "Chiens perdus sans collier", "Didier",
"la Belle et le Clochard", "Lassie", "les 101 Dalmatiens", etc).



cliquer pour agrandir et compter les chiens





LES SOURIANTS DU MONT-RIANT

AVIS DE NON-RECHERCHE !

Rollande Scaramelli nous avait envoyé cette photo, prise au parc du Mont Riant, à une date indéterminée
(quoique garantie des années 50),
et elle nous priait de la passer, avec comme message aux trois p'tits gars derrière les filles de bien vouloir se manifester. Donc, on la passe, mais... trop tard !
Entretemps, Rollande les a retrouvés !
Alors, histoire d'immortaliser cet instant, on la passe quand même, cette photo, ma payse...


De gauche à droite, et de bas en haut : Denise Scaramelli et Gérard Scaramelli (frère et soeur de Rollande, et jumeaux, nés en octobre 46), Rollande et Bernadette Hanriot, née aussi en 46. Elle habitait au 21 de la rue Burdeau (dans les escaliers Dujonchay). Puis, le rang derrière, les garçons : Georges Jaillot (le plus à gauche) que j'ai revu et qui est devenu un Es'mmaïen. Au milieu, c'est Jean-Pierre Candegabe, et enfin (avec des lunettes et la montre, djis !) Michel Nofarès.
"Il me semble que sur une photo de classe donnée par Yves Jalabert, il parlait d'un Jaillot qui était son compagnon des jeudis, je pense qu'il devait parler d'Yves Jaillot le jeune frère de Georges."





U.S. GAZOUZ

DÉCEMBRE 1949 : LE RÊVE AMÉRICAIN DÉBARQUE !

Nous somme en septembre 1949. Les Algérois vont bientôt fêter le septième anniversaire du débarquement des alliés en Afrique du Nord. Avec lui, les G.I. apportaient une floppée de choses qui feraient que demain ne serait plus jamais comme hier... le chewing-gum, les bas nylon, les Camel et les Raleigh, le be-bop, et un breuvage couleur de pétrole en petites bouteilles galbées comme des cocottes 1900, eh oui, le Coca-Cola ! Oui, mais voilà, le Coca, il semblerait que le ravitaillement des troupes américaines ait suivi le mouvement (normal) et ait rembarqué avec les boys. Plus de guerre, plus de Coca ! Les Américains avaient créé le besoin, et voilà maintenant qu'Alger en était sevré ... Situation intolérable, cas de figure marketing inacceptable, créer un besoin, et ensuite ne pas l'assouvir, c'est rien que des bons dollars de manque à gagner ! Opportunité qui n'a pas échappé aux frères Tiné, de la dynastie des hommes d'affaires célèbres à Alger et en Afrique du Nord, propriétaires entre autres des fameux grands magasins des "Deux Magots", rue Bab-Azoun. Après des accords avec la firme américaine dont ils vont ici, sur Es'mma, nous dire prochainement un mot (mais oui, certes âgés, ils ont toujours bon pied bon oeil !), les voici qui, à l'automne 1949, lancent le Coca-Cola en Algérie ! Le liquide est fabriqué ici, à Alger, et même à Belcourt (ou au Hamma, on va pas chipoter), mais oui Jeanjean, 44 Bd Thiers, à partir d'extraits en provenance des USA, de même qu'il est ensuite embouteillé sur place, dans la foulée, dans les fameuses petites bouteilles à la silhouette corsetée. Le lancement fait l'objet d'une campagne publicitaire d'envergure, dont l'axe est constitué par des annonces "teasing" (1) dans les grands quotidiens algériens. Es'mma vous livre ci-dessous la totalité de ces pavés...

(1) de l'anglais "tease", exciter, bien entendu. Ça consiste à commencer la campagne par des annonces intriguantes, les suivantes donnant peu à peu la clé de l'énigme. La campagne de lancement du SPIPS en 1958 (POUR LES CURIEUX, CLIQUER ICI !)
sera bâtie selon le même procédé.



Réclames parues dans nos quotidiens du 12 et du 13 sept 1949...
      


... celles du 14 et du 15 septembre...
      


... et enfin celle du 16, chargée de "couronner" la campagne.




D'autres annonces suivront, comme celle ci-dessous,
parue dans l'Écho d'Alger du 31 décembre 1949.
C'est tellement plus festif de boire du Coca-Cola pour Noël !
En tout cas, ça fait des bulles comme le champagne !
Mais le Coca était lancé, et il allait faire son chemin !









... ET LA RÉACTION DES LOBBIES DE CE TEMPS NE S'EST PAS FAIT ATTENDRE !


COCA = CACA

(MARS 1950)


   Les réactions à ce nouveau débarquement américain n'allaient pas tarder. C'est devant l'Assemblée nationale elle-même qu'allait être débattue la question de la nocivité du Coca-Cola, posée par les fabricants de jus de fruits et leurs représentants. Mais aussi par le lobby des marchands de pinard, dont les deux héraults au parlement sont les députés du Gard et de l'Hérault (oui, tout juste !). On croirait lire des sketchs écrits par Coluche sur les mérites respectifs du pinard bien de chez nous et des bibines "made in ailleurs". Tenez, lisez : "s'il est question de la Coca-Cola, qu'on la nomme, si la Coca-Cola se présentait solution alcoolisée, ne serait-elle pas tabou ?". On comprend rien à ce que dit ce pauvre homme, mais relisez ce texte avec la voix de Bourvil dans son sketch sur l'eau ferrugineuse, allez-y, lisez... Et là, tout s'éclaire, non ? Mr Chassaing était sous influence ! À la tribune de l'Assemblée, quelle honte !

   Il faut dire qu'ils le cherchaient, les yankees, Coca + Cola, 2 défonces du consommateur en une seule bouteille, c'est plus qu'il n'en fallait ! Une véritable provocation, de la part de ces américains qui n'en sont pas à une bassesse près pour ravir le marché de notre saine jeunesse (après le jazz, le bandes dessinées adultes, et quelques autres horreurs). D'autant, comme le souligne l'un des articles, que le vrai danger, c'est la part que pourrait prendre le Coca au détriment de celle du vin ! Nous qui considérons cet affrontement avec un recul suffisant, nous savons comment il a fini. Mais en ce début d'année 1950, difficile pour le bon peuple algérois de ne pas voir dans ses quotidiens ces articles, selon lesquels nos braves représentants, comme ce Fernand Chevalier, député d'Alger, se préoccupent de notre santé.

   Tiens, oui, c'est vrai, à, l'époque il y avait d'autres problèmes de santé publique qui les ont beaucoup moins alertés... L'amiante, dites-vous ? Pas de mauvais esprit, c'est pas la question ici... On peut imaginer les frères Tiné imaginant les contre-offensives, et ça n'a pas dû être facile, car, pense le bon peuple, "pas de fumée sans feu !". Et puis quand on a la chonce d'avoir le Selecto, qu'est-ce qu'on va aller boire de ce truc qui a pas l'air super pour la santé ? Qu'il a même pas de sexe déterminé, les journalistes parlent aussi bien "du Coca-Cola" que "de la Coca-Cola". C'est de la gazouz hermaphrodisiaque ! Et vous voudriez que je donne ça à mes enfants ? Bandits !



Dans l'Écho d'Alger du 1er mars 1950
(oui, avec en prime une photo du "Petit Père des Peuples",
qui ne sera assassiné que dans 3 ans) ...





...Dans celui du 9 mars 1950...


... Et dans les Écho d'Alger du 16 mars 1950 et du 25 mars 1950...


  





   Bon, on arrête là, et c'est pas parce que votre document, dont l'envoi remonte à un siècle ou deux, n'est pas encore cité ici, qu'on le néglige. On le traite avec soin, on le bichonne, soyez assuré qu'on vous le bâclera pas pour alimenter le site à tout prix, mais ça, vous l'avez compris... On vous remercie de vos participations, de votre amitié, de votre fidélité. Chers petits amis, au mois prochain !


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